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Greffier – collaborateur de greffe

Interview de Laurie Perdreau, 27 ans, collaboratrice de greffe 

 
1. Quelle est votre formation et comment avez-vous obtenu un poste de collaboratrice de greffe ?

J’ai un Master 2 en contentieux judiciaire ainsi qu’une expérience d’un an au sein du TGI de Marseille où j’étais déjà collaboratrice de greffe, mais le métier au sein d’une juridiction judiciaire et celui au sein d’un tribunal de commerce n’ont rien à voir.

Dans les deux cas, j’ai postulé suite à l’annonce d’une recherche de collaborateur de greffe et passé un entretien d’embauche à l’issue duquel j’ai été embauchée.

 

2. En quoi consiste le rôle du collaborateur de greffe ?

Concernant le poste de collaboratrice de greffe au sein du TGI, c’est tout simplement le paradis pour les personnes qui comme moi ont un profil pénaliste. J’avais clairement le même rôle que celui du greffier en titre, à l’exception près que je n’avais pas le diplôme et donc pas le salaire correspondant. Les tâches sont diverses : on prépare les dossiers d’audience, on convoque les avocats, les victimes et les parties civiles, on doit gérer la sortie de prison des prévenus incarcérés mais également leur retour en prison à la fin des audiences, on appelle des interprètes lorsqu’il y a besoin, et surtout nous sommes les interlocuteurs directs des justiciables, s’ils ont une question d’ordre général ou bien sur une procédure particulière c’est nous qu’ils contactent.

Je suis restée une année au TGI de Marseille et le métier de greffier m’a tellement passionnée que j’ai décidé de passer le concours de greffier des services judiciaires, que j’ai réussi. Et c’est en attendant de rentrer à l’école Nationale des Greffes que j’ai décidé de découvrir un nouvel environnement en intégrant le greffe du tribunal de commerce. Le travail n’a rien à voir, ce n’est d’ailleurs pas le même concours pour devenir greffier judiciaire et greffier du tribunal de commerce. Au sein du tribunal de commerce le travail est beaucoup plus administratif, beaucoup de vérifications de dossiers, beaucoup d’enregistrements, beaucoup de paperasse.

 

3. Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Tant au tribunal de commerce qu’au tribunal de Grande Instance, il faut savoir être polyvalent, puisqu’on ne reste jamais cantonné à une seule tâche. Il faut aussi être motivé et surtout rigoureux puisqu’une petite erreur au tribunal de commerce peut engendrer de lourdes conséquences pour une société, et au tribunal de Grande Instance de lourdes conséquences pour les justiciables.

 

4. Quels sont les avantages/inconvénients majeurs du métier ?

Le plus grand avantage et c’est pour cette raison que j’aime tellement le métier, c’est qu’on ne sait jamais ce que l’on va faire de notre journée, du moins au TGI. Entre les imprévus, les tâches urgentes, les audiences à gérer, on ne s’ennuie jamais et aucune journée ne ressemble à la précédente. Ça permet d’aimer vraiment ce qu’on fait et de ne jamais se lasser !

Pour les inconvénients, il est vrai qu’au tribunal de commerce le travail est plus répétitif et a tendance à être sensiblement le même de jour en jour, donc c’est un peu frustrant… Un inconvénient que l’on retrouve surtout au TGI, et pour moi ce n’est d’ailleurs pas un inconvénient car j’adore ça mais je sais que la plupart des greffiers ne sont pas du même avis : les audiences tardives… À Marseille, il y a de grosses affaires, et ce n’est pas rare de sortir d’audience après minuit. La fin d’audience la plus tardive durant mon année au TGI était 3h du matin…

Propos recueillis par l’équipe de reussirsondroit.com

 

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